Yatri en quête de sagesse

Dernières images de Gangtok

Publié le 10 février 2017 à 13:55, Gangtok
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Jeudi 9 février - Le 31ème et dernier article de ce blog, peut-être, à moins que Delhi ne m'inspire... Pour les amis et parents qui me suivent fidèlement, vérifiez dans la liste à droite que rien ne vous ait échappé, j'ai mis ce blog à jour aujourd'hui sans respecter l'ordre chronologique...
 
Voici une photo de Gandhi Marg, cette agréable promenade de cœur de ville, prise depuis le Golden Dragon, dont on voit les serres.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Voici deux photos de l'hôtel  Pandim, une de mon pain tibétain tout doré, fait maison, et une de Kesang et de sa Maman, toutes deux prises au petit déjeuner ce matin.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le blues de Kesang
Kesang est venu s'asseoir à côté de moi. Demain, je pars, et il me regrette déjà. Je suis une cliente si facile... S'il n'avait que des Occidentaux comme clients, la vie d'un hôtelier serait douce. Une jeune Hollandaise, que j'ai rencontrée avec son ami au Garuda, vient commander deux cafés. "Je vais les apporter dans votre chambre", offre Kesang. "Pas besoin, je vais attendre et les emporter moi-même ", dit la jeune femme souriante. 
"Voilà ", reprend Kesang, "vous les Occidentaux, vous savez ce que c'est que de travailler, alors vous n'attendez pas qu'on vous serve ! Mais les clients indiens, eux... Chez eux ils ont des domestiques, des enfants qui leur coûtent presque rien, et ils attendent de nous qu'on soit comme des esclaves... Par exemple ils demandent qu'on leur fasse des currys compliqués, plein de cuisine, à 11 heures du soir ! Moi, maintenant, comme mes trois employés sont en vacances - c'est normal, eux aussi ont bien droit à des vacances ! - je suis tout seul avec ma mère pour m'occuper de tout, alors je fais la cuisine à 8h le soir, je mets tout dans des plats qui les gardent au chaud, et je les leur donne en leur disant qu'ils mangeront ça à l'heure qui leur plaît. Mais il y en a qui refusent, ils veulent qu'on les serve à 23h... " J'explique à Kesang que c'est à mon avis une attitude de nouveau riche, indien ou pas, et qu'il devrait peut-être éduquer ses clients en mettant un panneau, "On ne sert le dîner que jusqu'à 20h30". Kesang reste sceptique.
Je lui ai raconté que mon voyage célébrait ma toute nouvelle liberté de retraitée. "Chez nous, les gens prennent leur retraite à 57 ans, et alors ils restent chez eux et ils ne font rien ! Non, il y en a des fois, qui vont lire ou écrire de la poésie. Mais la plupart..." Kesang prend un air avachi, un regard morne et gonfle les joues, "comme ça. Ils observent les autres et ils font des commentaires..." Ça m'amuse parce que Pasang, à Tashiding, m'avait fait la même remarque, en ajoutant, "et ils boivent du chang toute la journée !" Kesang continue, "tandis que vous, les Occidentaux ! My God, il y a une dame française, elle a 70 ans, elle vient ici tous les deux ans depuis 15 ans, et elle fait toutes les collines autour à pied ! Elle fait 20, 30, 60 kms à pied tous les jours ! Moi, j'aurais aimé naître Français. J'ai appris que vous aviez plein de fromages, en France, et il y en a un qui fait des fils comme ça, pour la "fondue" ! Et vous avez des montagnes, et aussi la mer ! Moi je ne croyais pas que c'était possible, d'avoir la montagne avec la mer à côté !" Je lui raconte qu'un jour, depuis l'avion, par le hublot, j'ai regardé ce spectacle extraordinaire des Alpes tombant, glissant dans la Méditerranée, et que de tout là-haut on voyait les fonds marins comme le prolongement des cimes. Kesang garde les yeux dans le vague, émerveillé. C'est l'hôtel familial, il ne prend jamais un jour de vacances et il voyage avec ses clients. "Bonjour, comment ça va aujourd'hui ?" en français très bien prononcé.
 
Hier je suis montée sur la crête, The Ridge, qui est une autre jolie promenade qu'affectionnent les gens de Gangtok. Il y a de la verdure, des bancs, deux dhabas, un parc d'exposition d'orchidées, et en grimpant 4-5 kms de plus, on atteint une colline qui est toute entière consacrée au Parc Zoologique Himalayen de Gangtok, où l'idée est d'offrir aux espèces présentées un enclos le plus proche possible de leur habitat naturel, suffisamment vaste et fourni en arbres et en rochers. On y travaille aussi à la reproduction, en vue de réintroduction, d'espèces rares, comme le léopard des neiges, le loup du Tibet, le Blue Sheep ou le panda roux qui est l'emblème du Sikkim. Les voitures sont autorisées jusqu'à un certain point, plus du tout quand on approche des enclos. C'est une très belle promenade, car les arbres aussi sont protégés, parfois étiquetés, et j'ai retrouvé mes dhupis si élégants. Ces fougères géantes accrochées aux troncs et aux rochers, cette luxuriance. Je me suis retrouvée dans un tableau du Douanier-Rousseau (nom d'artiste donné par Picasso, avec quelques ricanements). Il paraît qu'il n'a jamais voyagé. Peut-être alors quelqu'un lui avait-il raconté le Sikkim...
Photo d'une boule de fourrure douce qui fait fondre tous les visiteurs, le panda roux. C'est ce qu'a pu obtenir de mieux le zoom de l'iPad...
 
 
Aujourd'hui, je suis montée de nouveau sur The Ridge, pour avoir un petit aperçu du Palais des Chogyal. C'est une belle maison, qui ne se visite pas, jaune comme une gompa tibétaine, un toit de zinc rouge, de jolies fenêtres décorées de fleurs comme traditionnellement au Sikkim, et un beau jardin autour. J'ai eu une pensée pour la grande dame discrète qui a vécu dans une pièce de ce palais une cinquantaine d'années après le décès de son mari, un des plus grands maîtres du Tibet.
À côté se trouve le Tsuklakhang, qui a accueilli tous les événements, mariages, obsèques, couronnements, visites d'état, et qui présente les statues des anciens Chogyals au côté de Padmasambhava, de Tara et de Chenrezi.
 
Ce soir, je n'arrive pas à me connecter à ma boîte mail ni à Internet, donc l'envoi de mes deux derniers articles attendra demain matin ou bien Delhi.
À 18h30, Gangtok est plongée dans le noir, panne générale de courant. Kesang m'apporte une lampe à énergie solaire. Dans la salle, une petite batterie fait fonctionner deux lampes, ça fait romantique. Sa Maman est triste, son grand bonheur étant les émissions de variétés de la télé indienne, ce soir, elle ira dormir très vite...

Commentaire sans titre

Publié le 10 février 2017 à 12:30 le Régine
Bonjour Brigitte,
Merci pour ces articles et photos, même en travers, si intéressants. Il m'en reste encore à lire. Alors, dans l'attente de se revoir bientôt, bon voyage à toi, et profite encore de ton séjour lointain. Amitiés

Bon retour sous les nuages

Publié le 12 février 2017 à 13:48 le Une personne anonyme
Donc, bon retour et a bientôt.
Nous t'embrassons
Vincent

Commentaire sans titre

Publié le 15 février 2017 à 08:29 le marie
Bonjour Brigitte

Et encore merci pour ce voyage partagé, un vrai plaisir.
Et c'est quand que tu nous fais un livre de tes belles promenades et rencontres?
Bon retour .
Bises
Marie

Commentaire sans titre

Publié le 7 mars 2017 à 15:37 le Rose Noelle
Bonjour Brigitte

je commence a lire ton blog, le peu que j'ai lu c'est super beau... tu aurais du être écrivain, moi qui n'aime pas trop lire j'arrive a boire tes écris tellement c'est beau c'est bien et surtout écris avec un tel amour que tu le transmet a ton lecteur... c'est magnifique. merci

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